Par Marilyn Provost

« Ondinnok est un mot huron désignant un rituel théâtral de guérison qui dévoile le désir secret de l’âme. Notre théâtre vise à reconquérir un imaginaire, une terre de rêve, à rapatrier une mémoire pour dégager un avenir. » Dave Jenniss, directeur artistique. 

En 1985 Yves Sioui Durand, Catherine Joncas et John Blondin (1960-1996) créent Ondinnok. Cette nouvelle compagnie pluridisciplinaire fonde son action sur la reconquête du territoire imaginaire des Amérindiens par un regard sur l’identité, la culture, la mythologie et la spiritualité des premiers peuples des Amériques. Ondinnok fu créé lors de la création de la pièce : « Le Porteur des peines du monde » au Festival du théâtre des Amériques qui s’est méritée le prix de l’Américanité. Cet espace d’expression reconquis légitime l’autodétermination artistique d’Ondinnok dans un monde en pleine et rapide mutation.

Ondinnok, après plus de trente années de créations métamorphiques, propose une éthique ancrée aux valeurs léguées par les ancêtres et constitue un exemple de résistance artistique dont l’exigence est de la plus haute teneur.

La mission

Ondinnok est une compagnie pluridisciplinaire de recherche et de création qui favorise la collaboration entre artistes séniors et artistes émergents des Premiers Peuples dans un processus de laboratoire incubateur qui fonde de la pratique du théâtre autochtone au Québec afin de susciter un traitement inédit des formes spectaculaires.

Le mandat

Une pensée qui est importante pour cette compagnie est qu’il ne faut jamais oublier que l’art est un puissant moyen d’expression pour dénoncer les travers, mais aussi les belles choses de notre société. Il ne faut pas non plus négliger l’aspect guérisseur pour certaines personnes que peuvent avoir les arts de la scène. Ondinnok pratique cette forme de guérison depuis longtemps sous forme de création d’œuvres au moyen des masques, des pierres, du théâtre et de la danse intuitive.  

Caractéristiques et esthétique de la compagnie 

 Ondinnok est une Compagnie autochtone qui tient à faire raisonner leurs langues, tout en travaillant au développement de la relève autochtone. La compagnie fait une démarche de « Ré indigénisation » pour revenir à la source de leurs origines et en être fière. Ce désir crée des difficulté être catégorisé dans les demandes de subventions. Le théâtre autochtone Ondinnok est multidisciplinaire, il y a un mélange de théâtre, chant, danse, jeu masqué souvent dans une seule production.Ondinnok utilise une écriture scénique qui est très souvent crée par un travail d’improvisation sous la supervision d’un auteur attitré. Celui-ci travaille à l’écriture qui par la suite deviendra un texte au fur et à mesure que le processus avance. La diversification dans leurs futures réalisations permettra de façonner les mémoires collectives et d’amener une transformation significative chez leurs différents spectateurs. Ils veulent continuer de marcher vers l’avant, de créer des œuvres sur scène pour reconstruire leurs peuples et leur redonner espoir et fierté.Un théâtre autochtone avec des acteurs autochtones pour faire briller leur art ici et ailleurs.

Activités de formation du spectateur

Le spectacle Femmes Rhizome est un projet de médiation culture imaginé par Ondinnok et le centre de femmes La Marie Debout. Il proposait un voyage en territoire autochtone à la découverte de soi, de ses ancêtres et de cette autre. L’art et le théâtre autochtone que pratique Ondinnok furent au cœur de ce projet qui a débouché sur une meilleure appréhension par les participantes du rôle de l’art autochtone et de sa place dans une cité contemporaine comme Montréal. L’implication constante des participantes de la Marie-Debout et le lien fort créé avec les trois femmes artistes, Joséphine Bacon, Moe Clark et Leticia Vera, a amené ce projet au-delà de ce que nous aurions pu imaginer. Au niveau des communications, ce qui était à l’origine un simple blogue relié au site de la Marie-Debout s’est transformé en site autonome suite à la richesse de cette expérience de médiation : témoignages, journaux de bord, captations vidéo des ateliers du projet, tout y est. Ce site web a comme objectif de laisser des traces du projet tout en ouvrant la porte à de nouvelles rencontres au sein d’une plus large communauté. À la fois une réussite et un succès, le Projet Rhizome a été pour Ondinnok une occasion de diffusion de son travail artistique et une prise de conscience de l’intérêt actuel pour l’art autochtone au sein des couches populaires. Ce projet s’est officiellement terminé en décembre 2015 mais le Rhizome est toujours bien vivant!                                                                              

Atelier de théâtre Mytologique d’Ondinnok

En plus d’être une initiation à la spiritualité et aux cultures autochtones, cette expérience permet de reconnecter avec une part de notre humanité trop souvent ignorée dans le contexte de modernité où tout n’est que de l’ordre du concret.  Cette approche emprunte certains codes à des cérémonies et des rituels issus des cultures autochtones des Amériques. Les créateurs Yves Sioui Durand et Catherine Joncas de l’ARTRA(Association de recherche des traditions de l’acteur)   ouvrent leur approche de théâtre mythologique jusqu’alors réservée aux seuls autochtones à des participants issus de toutes les nationalités pour la première fois à Paris en 2004. 

En 2004, Ondinnok met sur pied un programme de formation intensive en théâtre pour les Autochtones. Une première au Québec. Ce programme marque pour la compagnie théâtrale l’aboutissement de plus de vingt années de recherches et de création. Il est grand temps que des comédiens et comédiennes d’origine autochtone prennent leur place sur scène et donnent un visage et une voix à toute une génération désireuse de s’exprimer dans le monde d’aujourd’hui.

Un nouveau souffle pour les productions d’Ondinnok (2008 à 2011)

En 2009 et en 2010, Ondinnok s’associe aux Films de L’Isle pour offrir des ateliers de perfectionnement aux anciens du programme. Ainsi commence une nouvelle phase qui mettra l’accent sur des ateliers de jeu devant la caméra. Dans le cadre de cette formation, des apprentis réalisateurs autochtones ont pu ainsi travailler avec des acteurs semi-professionnels où ils ont réalisé des courts métrages. L’objectif de ces ateliers était de permettre aux acteurs de découvrir les codes du cinéma et les exigences particulières du jeu devant la caméra tributaire du découpage technique et de la vérité nécessaire pour le grand écran. Les acteurs étaient appelés à jouer leurs scènes dans le désordre, avec 

Après la fin de sa collaboration avec l’ENTC, Ondinnok poursuit, de 2008 à 2011, ses activités de formation en offrant des ateliers en lien avec les productions théâtrales en cours dans la compagnie. De 2008 et 2009, Ondinnok introduit aussi des ateliers de danse contemporaine autochtone. Dans la tradition amérindienne, le lien entre le théâtre et danse est une constante. Les formateurs prenaient un risque, parce qu’ils savaient que très peu d’autochtones des communautés connaissent les démarches créatrices des chorégraphes autochtones contemporains. Avec cet atelier, ils cherchaient à créer une ouverture et à vérifier l’intérêt pour cette forme d’expression nouvelle. Le chorégraphe Gaétan Gingras est invité à diriger ces ateliers qui furent axés autour de l’œuvre précolombienne Rabinal Achi. Sept participants ont pu suivre de près le développement du projet  « Xajoj tun rabinal achil » . Ils se sont rendus au Guatemala pour assister aux représentations de ce théâtre cérémoniel et deux d’entre eux ont participé à la création.

Médiagraphie

http://www.ondinnok.org/fr/

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